Ce nom, qui signifie "Roche du Diable" en français, vient de la physionomie même de la falaise : quand on observe attentivement certaine partie de la paroi, on y distingue le visage du démon. Ce majestueux accident de terrain s’est formé par une faille dans la croûte terrestre qui a occasionné l’affaissement du côté oriental, laissant à nu en regard du lac 600 pieds de paroi rocheuse dont la moitié baigne dans l’eau. Elle se compose d’une roche très résistante, laquelle a su braver les vents, les pluies et les glaces sans trop subir les effets de l’érosion. À l’exception de cinq tunnels creusés dans le roc au début du XXe siècle par des prospecteurs à la recherche de veines d’argent, la falaise est restée inchangée depuis des temps immémoriaux.Son aspect imposant a toujours inspiré le respect. Les autochtones de jadis jetaient du tabac au pied de la falaise, qu’ils comparaient à une Grenouille spirituelle, pour apaiser les esprits du Lac Témiscamingue et se rendre propice l’Oiseau-Tonnerre qui faisait la pluie et le beau temps sur les grandes étendues d’eau. On raconte, par ailleurs, qu’une princesse algonquine éprise d’un beau guerrier se serait jetée dans le vide pour y trouver la mort parce que ses parents s’opposaient à sa relation amoureuse.

"Rocher du Diable
de Fleurette Roy  

Les premières années du XXe siècle, alors que l’exploration minière battait son plein, les mineurs préféraient monter leur campement d’hiver sur le lac pour faciliter les déplacements de leurs tentes au site minier. Sauf qu’un matin ils se sont levés les pieds dans l’eau froide, la glace s’étant inclinée au milieu de la nuit et l’eau infiltrée par les crevasses. Inutile d’ajouter que plus jamais on n’osa camper à même la glace.

Si la princesse de tantôt y laissait sa vie, deux incidents à l’issue heureuse sont restés toutefois gravés dans la mémoire des anciens. En 1909, un jeune blanc-bec peu habitué à manier le nigog faisait un "saut à la perche" involontaire lorsqu’il a voulu empêcher un billot de glisser et, dans sa vaine tentative de l’arrêter, s’est vu projeter du haut de la falaise. Heureusement pour lui, il en a été quitte pour une douche glacée. En 1924, un chevreuil pourchassé par un petit chien faisait à son tour le grand plongeon pour échapper à son assaillant en nageant jusqu’à la rive opposée!

Mais Devil’s Rock n’a pas servi qu’à alimenter la légende, il figure également dans la série des Hardy Boys, romans juvéniles parus dans les années 1930. L’auteur, Leslie McFarlane, habitait alors Haileybury et s’inspirait de la région comme toile de fond aux aventures de ses jeunes héros. Dans The Secret of the Caves, la falaise aux cavernes n’est nulle autre que Devil’s Rock, alors que The House on the Cliff rappelle une ancienne ferme sur le versant ouest.

 

On peut se rendre à Devil’s Rock par le lac, bien sûr, mais aussi par voie terrestre en empruntant l’un de deux sentiers qui y mènent : en partant du parc Bucke (une marche d’une demi-heure) ou de la route 567 (Lorrain Valley Road) d’une quinzaine de minutes.

 

Memegwesi, la créature d'eau  |  Devil's Rock  |  Fantôme du Théâtre  |  Renard fondateur  |  Bouledogue errant  |  Monstre du lac  |  Picojeesies  |  Feux-follets  |  l'Étoile   |  Forêt enchantée