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Cest
grâce au système hydrographique du bassin de l'Outaouais supérieur qua pu se
développer lindustrie forestière au Témiscamingue dans la deuxième moitié du 19e
siècle. La rivière Outaouais et ses affluents ouvrent en effet laccès à de
grandes étendues boisées et permettent
le flottage du bois sur
de très longues distances à une époque où il ny a aucun système de
transport routier ou
ferroviaire
au Témiscamingue.
Le développement forestier du Témiscamingue se fait en
deux étapes :
Bois
d'oeuvre
- Première étape (1850-1910) :
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- les compagnies
forestières se lancent à lassaut des grandes forêts de pins autour des lacs Kipawa et Témiscamingue, forêts quelles vont décimer en quelques décennies.
- 1873 :
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- Olivier Latour ouvre la première scierie au
Témiscamingue sur la rivière Kipawa.
- Les premières scieries du Témiscamingue ont été
bâties dans la partie sud de cette région. Ce sont la scierie dOlivier Latour
construite vers 1873 sur le bord de la rivière Kipawa et la scierie dAlex Lumsden
(donne alors sous le nom de Lumsden Mill) construit en 1888 au sud du lac Témiscamingue.
Il met en service, en 1882,
le premier
"steam-boat": le Mattawan pour les besoins de son moulin à scie.
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moulin à scie |
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- Le
mouvement de colonisation
agricole amènera le développement des usines de transformation du bois. Les colons ont
besoin de planches et de madriers pour la construction de leurs maisons et de leurs
bâtiments de ferme. Les années 1900-1920 verront donc plusieurs usines de transformation
du bois simplanter dans les principales paroisses. En 1916, on dénombre dix-neuf
scieries et quatre fabriques de portes et châssis au Témiscamingue.
- 1888 : Alex Lumsden construit une scierie au
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- Témiscamingue : " Lumsden Mill ", au sud du lac
Témiscamingue non loin du lac Kipawa.
À ce
moment-là, le Témiscamingue est couvert à 90% de pins gigantesques, puisque ses forêts
nont jamais été bûchées. Les compagnies forestières vont donc y faire fortune
et une bonne partie du bois coupé sera exporté vers lAngleterre, pour la
construction des navires et l'industrie du meuble.
Pour sa part, le gouvernement québécois va tirer une
source importante de revenus des forêts témiscamiennes, grâce aux droits de coupe
quil accorde aux compagnies forestières. En retour, avant 1900, la région ne lui
coûte presque rien en subsides pour les services publics.
- Lessor de la
colonisation
au Témiscamingue crée une nouvelle main-duvre locale. Les bûcherons
témiscamiens sont aussi agriculteurs et le travail en forêt est leur principal revenu.
Cet argent sert au développement des fermes. Lexploitation forestière aide donc à
la colonisation, en facilitant linstallation des colons (terres de bois coupé), en
leur fournissant du travail et un marché pour lécoulement de leurs produits. Par
contre, elle nuit aussi dune certaine manière, puisque les fermes ne sont pas
exploitées à leur pleine valeur, les fermiers passant trop de mois par année dans les
chantiers.
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- Bois
de pulpe
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- Deuxième étape (1910 à nos jours) : on voit alors
lexploitation forestière sétendre vers le nord-est du Témiscamingue, la
prépondérance du bois de pulpe saffirme avec la construction dune pulperie
à Témiscaming en 1917 et lapparition dun géant du papier, la compagnie
Canadian International Paper (C.I.P.), qui régnera en maître sur les forêts
témiscamiennes pendant plus dun demi-siècle.
- 1910 :
- 5000 bûcherons et 2000 chevaux au travail
dans les chantiers du Témiscamingue. Parmi les autres compagnies sur le territoire
témiscamien : Hull Lumber, Hawkesbury Lumber, Ottawa Lumber, Sheppard & Morse et
Sherbrooke Lumber.
- 1917 :
- La Riordon Pulp
and Paper construit une usine de pâte soluble à Témiscaming (1000
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| habitants en 1921) à
cause de la proximité et de la pureté de leau et de lélectricité du
ruisseau Gordon. Les concessions de la compagnie (achetées de plusieurs compagnies)
entourent les bassins forestiers des lacs Des Quinze et Expanse
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la Riordon Pulp & paper en 1920 |

Layboy, de Riordon co. |
- (Simard) et
vont au nord jusqu’à la ligne de partage des eaux. Les opérations
forestières commencent à lautomne 1918 et lusine entre en production peu
après. Les zones de coupe se situent alors autour des lacs Des Quinze et Expanse (Simard)
et le bois coupé est constitué de sapin et dépinette pour la fabrication de la
pulpe de bois.
- La Riordon met sur pied une nouvelle unité
administrative : la Kipawa Woods Division et létablit à Témiscaming. Elle a
en plus un centre administratif secondaire à Ville-Marie. Ce bureau est transféré à la
Baie Gillies en 1922 (le Dépôt Riordon).
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- 1920 :
- La Riordon a 6 à 7 camps de 60 à 85 hommes
chacun du côté nord des lacs Des Quinze et Simard.
- 1922 :
- La Riordon introduit le système de
coupe de bois à contrat (jobbers). Le jobber du
Témiscamingue recrute ses hommes dans sa
paroisse et parfois dans plus dune paroisse. Les zones de coupe sont maintenant au
nord du Rapide Esturgeon et autour de lOutaouais Supérieur et de la rivière Kinojévis. La Riordon
achète également le bois sur les lots des colons, lequel, avec
larrivée du Canadien Pacifique, sera acheminé par
trains jusquà Témiscaming.
- 1924-25 :
- Tout le travail en forêt est à contrat
dans les limites de la Riordon au Témiscamingue (les jobbers). Le travail à forfait ou
la rémunération à la pièce remplace peu à peu le salariat.
- 1925 :
- Achat de la Riordon par la Canadian
International Paper. La C.I.P. entreprend aussitôt lexploitation systématique des
forêts du Témiscamingue et de lOutaouais supérieur.
- Les concessions achetées par la Riordon sont exploités
et regroupées en unité, le bloc A. Les nouvelles concessions obtenues au Témiscamingue
sont divisées en 2 unités : la réserve Kipawa et la réserve des Quinze et sont
protégées jusquaux années 1940.
- Plusieurs moulins à scie font leur apparition.
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- 1927 :
- Établissement du Dépôt Cléricy et du
Dépôt Clérion. Le Dépôt Riordon perd maintenant de son importance à mesure que les
opérations forestières progressent vers le nord.
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moulin de pâte et paper; là où les trains étaient chargés,
Témiscaming. |
- 1929 :
- La crise économique fait chuter la production
de bois de 40% entre 1930 et 1933. Le salaire de base est de 26$ par mois de 26 jours de
travail en 1932.
- La Division Kipawa construit un centre administratif à
Noranda et , en 1932, cest le bureau chef de la Kipawa Woods Division qui
sinstalle à Noranda.
- 1933 : Le dépôt de Clérion est le point de départ
de la grande grève des bûcherons de la région de Rouyn-Noranda (à cause de la baisse
des salaires due à la crise économique). Les "bûcherons-voyageurs "
(ceux qui viennent de lextérieur de la région) déclenchent la grève du Clérion
et ceux du Témiscamingue retournent dans leurs paroisses et attendent la fin du mouvement
de grève. Près de 700 bûcherons sont en grève.
1935 :

hommes au chantier, sur l'heure du diner |
Le gouvernement établit le salaire minimum des bûcherons
à 37$ par mois de 26 jours de travail. Les bûcherons dexpérience travaillant en
forfait, peuvent alors gagner jusquà 65$ par mois.
- 1938 :
- Le centre des opérations pour le secteur des
lacs Des Quinze et Simard est transféré du Dépôt Riordon à Angliers. Le Dépôt
Riordon servira uniquement au remisage des bateaux lhiver jusquen 1955. (Le
Dépôt Cléricy déménage à Mc Watters)
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